CoopérationLe FMI prend le pouls de l’activité économique au GICAM

Le FMI prend le pouls de l’activité économique au GICAM

Fiscalité, facilitation du commerce, accès aux devises, gouvernance, développement des PME… voilà quelques points à l’ordre du jour de la rencontre qui s’est tenue ce mercredi, 02 mai 2018, entre le GICAM et le Fonds Monétaire International (FMI), au siège du Groupement à Douala.

 

Menant l’équipe du GICAM, le président Célestin Tawamba était accompagné du 1er vice-président du Groupement, Sanda Oumarou et de deux conseillers exécutifs : Laure Kenmogne et Claude Ebe Evina. Constituée d’une quinzaine de personnes, la délégation du  FMI était conduite par Kadima Kalonji, représentant résident au Cameroun et la chef de mission, Corinne Delechat.

 

Les échanges ont été ouverts par un tableau de l’activité économique au courant de l’année 2017, dressé par Célestin Tawamba. Ce dernier a relevé une baisse importante de la rentabilité dans divers secteurs d’activité, liée notamment au faible pouvoir d’achat de la population, à la concurrence des produits importés et ceux issus de la contrebande/contrefaçon et à la crise sécuritaire à l’Extrême-Nord du pays. Le président du GICAM a également mis en exergue l’effet contre-productif de la loi d’avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé, dont de nombreuses entreprises bénéficient alors même qu’elles évoluent dans des secteurs qui n’ont pas besoin d’avantages particuliers.

 

L’emphase a été mise sur la fiscalité, jugée problématique pour le secteur privé. «La fiscalité actuelle ne permet pas aux entreprises de créer de la valeur», a déclaré le président du GICAM. «Nous sommes dans un système de fiscalité de prédation», a renchéri Sanda Oumarou. Conséquence : une informalisation toujours plus grandissante des entreprises. Pour pallier cela, le Groupement travaille actuellement à des propositions pour une fiscalité alternative qui devrait prendre en compte les réalités des entreprises.

 

Egalement au menu des échanges, le dialogue public-privé, jugé insatisfaisant car, ainsi que le déplore Célestin Tawamba, «il n’existe pas de feuille de route conjointe entre les secteurs public et privé et les propositions du secteur privé ne sont pas prises en compte par le Gouvernement ».

 

S’agissant de l’accompagnement financier des PME, le GICAM propose de mettre sur pied un fonds de garantie orienté vers des secteurs d’activité spécifiques. De plus, le Groupement a lancé, au mois d’avril 2018, un Centre de Développement de la PME, qui a, entre autres missions, le renforcement de la compétitivité des PME et l’appui à la recherche de financement.

 

Pour finir, les soucis causés aux entreprises par l’indisponibilité des devises ont été relevés : augmentation des délais et coûts de transfert, dégradation des relations avec les fournisseurs, etc.

 

Cette visite du FMI au GICAM s’inscrit dans un double cadre : le premier, régi par l’article IV des statuts du FMI, prévoit une visite régulière des pays-membres de l’institution ; par ailleurs, cette visite permet d’effecteur un suivi du programme signé en juin 2017 entre le FMI et le gouvernement camerounais.

 

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