Cameroon Business Forum10e edition Cameroon Business Forum

10e edition Cameroon Business Forum

Le lundi 18 mars 2019, Monsieur Joseph DION NGUTE, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a présidé les travaux de la 10ème édition du Cameroon Business Forum (CBF), principale plateforme d’échanges entre le gouvernement et le secteur privé, en vue de l’amélioration du climat des affaires. Opérationnelle depuis 2010, le CBF procède d’une volonté commune des parties prenantes, à savoir l’Etat, le secteur privé et les partenaires au développement, de promouvoir un dialogue public-privé efficient, encourager le secteur productif et accélérer l’élaboration des réformes qui améliorent le climat des affaires et favorisent les investissements locaux et étrangers au Cameroun.

La responsabilité de la présentation du thème général de la rencontre est revenue à Monsieur Célestin TAWAMBA, Président du GICAM. Après avoir salué la présence du nouveau Premier Ministre pour sa première sortie à Douala et situé cette édition comme une édition de transition vers un CBF rénové et plus efficace, il est revenu sur le contexte économique difficile dans lequel il se déroule tant pour les entreprises mais également pour l’Etat. Ces deux acteurs font en effet face à la crise du Nord-Ouest / Sud-Ouest et à ses graves conséquences sur l’activité économique ainsi qu’à une pénurie sévère des devises qui induit un ralentissement important des opérations commerciales avec l’étranger.

Abordant la thématique de la rencontre, le Président du GICAM est revenu sur le sentier tracé en 2009 pour mettre en évidence les retards enregistrés notamment en termes de croissance, d’investissement et de développement industriel. Dans ce dernier domaine, le pays affiche plutôt un décrochage industriel qui l’éloigne de ses objectifs d’émergence. En outre, aucune émergence n’étant possible sans investissements, l’orateur a appelé à un redoublement des efforts pour passer des 4 800 milliards Fcfa actuels à une moyenne de 7 000 milliards Fcfa d’investissement sur les sept prochaines années.

Aussi, il a appelé les différents ateliers a posé les bases en planchant notamment sur l’appropriation du plan directeur d’Industrialisation (Atelier 1), le changement de paradigme fiscal vers une fiscalité de développement (Atelier 2), la régulation des importations et la promotion des exportations (Atelier 3).

Le Président du GICAM a terminé son propos en évoquant deux dimensions clés, la gouvernance publique et privée d’une part et le dialogue public – privé d’autre part dont le CBF est l’une des formes d’action et d’expression. S’agissant de la gouvernance privée, il a appelé ses pairs à des mutations sur les plans du renforcement des structures organisationnelles, du développement et l’acquisition des compétences et du respect de l’éthique des affaires. Au sujet de la gouvernance publique, il s’agirait de décrocher des schémas traditionnels trop dispendieux et qui ne prennent pas en compte, ou mal, l’entreprise et ses contraintes.

Pour clore son propos, Monsieur Célestin TAWAMBA a salué les qualités d’écoute, de curiosité et de sensibilité du Premier Ministre aux préoccupations des chefs d’entreprise dont nombre d’entre eux sont fatigués, épuisés face aux marchés qui se ferment, à l’accumulation de créances sur l’Etat, à la multiplication des tracasseries administratives mais ces derniers restent déterminés, car ayant foi en l’avenir de notre pays.

Cette 10ème édition du Forum annuelle dont le thème était "Emergence et développement de l’investissement privé" s’est distinguée par de plusieurs innovations sur le format des travaux et notamment l’introduction des ateliers thématiques. Lors de la plénière d’ouverture, Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala a, dans son mot de bienvenue, vanté les mérites de la ville de Douala comme creuset de l’intégration et épicentre économique du pays et présenté quelques projets phares lancés par la ville pour consolider cette position, notamment l’ouverture du guichet unique des actes d’urbanisme et le lancement de la société métropolitaine d’investissement de Douala (SMID).

A sa suite, le Président de la Chambre du Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat (CCIMA) a salué le nouveau format des travaux mais a également déploré le rythme de mise en œuvre des réformes. Monsieur Christophe EKEN a appelé à une conjugaison des efforts pour relever cinq défis majeurs de l’heure qui sont, selon lui, la diversification de l’économie et l’amélioration des capacités de production, la facilitation des procédures, l’amélioration des infrastructures d’appui au commerce, la promotion du made in Cameroon et la résolution des crises sécuritaires auxquelles le pays fait actuellement face.

Le Chef de la Délégation de l’Union Européenne, parlant au nom des partenaires techniques et financiers, s’est félicité de la résilience du CBF au regard de la régularité de la tenue de son forum annuelle et a réaffirmé la disponibilité des partenaires à l’accompagner dans sa quête d’efficacité pour un dialogue davantage orienté vers des résultats.

Dans son discours solennel d’ouverture, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement est revenu sur les acquis de la plateforme de référence que constitue désormais le CBF avec à son actif plus de recommandations adoptées, près de cent cinquante exécutées et environ quatre-vingt-dix réformes majeures implémentées. Malgré ces avancées, le Premier Ministre a reconnu que le chemin à parcourir reste long au regard du positionnement toujours peu enviable du pays sur les échelles de classement internationaux, d’où la nécessité de redoubler les efforts, d’accélérer le rythme de mise en œuvre des réformes et de densifier la communication sur les avancées obtenues. Il a redit la détermination des pouvoirs publics à œuvrer à la consolidation du climat de confiance avec le secteur privé, donnée essentielle pour la croissance économique.

Après cette phase protocolaire, deux interventions techniques ont servi de cadrage aux travaux qui se sont déroulés en atelier. Monsieur Moïse EKEDI, Secrétaire Permanent du CBF a présenté le rapport sur l’état de mise en œuvre des recommandations du CBF 9 duquel il ressort un taux d’exécution global de 64%, soir 18 recommandations exécutées ou en cours d’exécution sur les 28 adoptées le 12 mars 2018. Des actions importantes comme la recapitalisation de la BC-PME, l’informatisation du processus de délivrance des RCCM, la dématérialisation des actes d’urbanisme et l’élaboration de la Charte Nationale de la petite et moyenne entreprise font partie de cette catégorie. Par contre, les recommandations telles que l’extension de l’application mybusiness.cm, l’élargissement du dispositif de mesure des flux d’énergie sur le réseau, la création des tribunaux de commerce, la révision de la loi sur les établissements classés restent attendues. Au final, le Cameroun a perdu trois places sur le classement Doing business même sa distance à la frontière (Doing Business Index) s’est légèrement amélioré, passant de 47,03 à 47,78.



Cette séance plénière a laissé place à la tenue de quatre ateliers thématiques portant respectivement sur les thèmes :

Atelier n° 1 : L’émergence et le défi de l’industrialisation

Atelier n° 2 : Quelle politique fiscale pour l’émergence du Cameroun ?

Atelier n° 3 : Quelles stratégies d’Import-Export pour l’émergence ?

Atelier n° 4 : Définition de la feuille de route doing business 2019

Le Président du GICAM a modéré les travaux de l’atelier 1 auquel participaient également en tant que intervenants le Président du MECAM, le Ministre en charge de l’industrie et en tant que panélistes les ministres en charge de l’agriculture, de l’élevage et des forêts. Cet atelier a débouché sur une convergence totale de vues sur le rôle incontournable de l’industrialisation dans l’émergence de notre pays. Les participants ont en outre été édifiés sur les initiatives gouvernementales matérialisant la politique industrielle nationale et sur les attentes du secteur privé en termes de stabilité fiscale, d’incitations au réinvestissement, de préférence nationale, d’application effective des normes, d’allocation du foncier et de formation professionnelle.

Cet atelier a ainsi débouché sur cinq (05) résolutions majeures portant notamment sur la mis en place d’une plateforme de concertation permanente public-privé pour le développement de l’agro-industrie, l’adoption d’une loi d’orientation industrielle, l’élaboration d’un planning de mise à disposition de l’énergie électrique, la définition d’un programme de contrôle ciblé des importations et la mise en place des mécanismes innovants de financement à long terme de l’industrialisation.

Ces résultats ont, comme ceux des trois autres ateliers fait l’objet d’une restitution la plénière de clôture au cours de laquelle le Premier Ministre a modéré une séance d’échanges avec les participants. 

La 10ème édition du CBF s’est achevée par un point de presse au cours de la quelle le coordonnateur général du CBF, les présidents des organisations patronales et le représentant des partenaires au développement ont échangé avec la presse nationale et internationale sur le bilan des dix années de dialogue dans le cadre du CBF et sur les perspectives du dialogue public/privé au Cameroun.




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