EvènementLa coalition partenariale public/privé autour du Turbo agro-industriel du GICAM se met en place

La coalition partenariale public/privé autour du Turbo agro-industriel du GICAM se met en place

Le mardi 22 octobre 2019 restera marquée dans les annales du Groupement Inter-Patronal du Cameroun comme celui où le GICAM a accueilli, pour la première fois et de manière simultanée, trois (03) membres du Gouvernement.

 

Il était en effet 10 heures lorsque Messieurs Gabriel MBAIROBE, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Henri EYEBE AYISSI, Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières et Dr. TAÏGA, Ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales accompagnés de Monsieur Célestin TWAMBA, Président du GICAM, ont fait leur entrée dans la salle de conférence André SIAKA du GICAM, où un important parterre de personnalités avait déjà pris place  du la journée du foncier, de l’agriculture et de l’élevage au GICAM.

 

Au rang de ceux-ci :

 

-Les membres du Conseil d’administration du GICAM ;

-Les présidents d’organisations du secteur privé et du monde agricole ;

-Les responsables et dirigeants d’entreprises des secteurs agricole et agro-industriel ;

-Les représentants de partenaires au développement ;

-Les représentants des entreprises de services connexes à l’agriculture (banque, finance,

-Des membres de la Chambre Nationale des Notaires du Cameroun ;

-De nombreux jeunes porteurs de projets agricoles ;

-Des représentants de la presse écrite et audio-visuelle ;

-De nombreux responsables administratifs.

 

Le contexte et les objectifs de la Journée ont été précisés par Monsieur Célestin TAWAMBA dans son mot de bienvenue. Se réjouissant de la synergie gouvernementale illustrée par la présence des trois ministres, le Président du GICAM est revenu sur les défis qui s’imposent à notre pays sur le plan économique dans contexte dégradé par les problèmes sécuritaires, la volatilité des cours des matières premières et un environnement des affaires toujours peu attractif.

 

Face aux résultats en demi-teinte qui exigent la quête de nouveaux relais de croissance, le GICAM propose de s’appuyer sur les atouts que sont l’attachement de l’ensemble de la population pour la terre, l’expertise agro-industrielle du pays, sa diversité agro écologique pour déployer un nouveau modèle économique articulé autour d’un « turbo agricole » dont les performances seront tributaires entre autres de la résolution de la question foncière.

 

La rencontre du jour a ainsi été envisagée pour échanger sur les dynamiques et réformes récentes dans le foncier, l’agriculture et de l’élevage et tracer les perspectives pour le développement des chaînes de valeurs agro industrielles à l’aune du modèle que le GICAM préconise dans son Livre Blanc de l’économie camerounaise qui sera bientôt publié.

A la suite du Président du GICAM, les détails sur ce modèle ont fait l’objet d’un exposé technique de Monsieur Vincent KOUETE, Secrétaire Exécutif Adjoint du GICAM. Il s’agit de capitaliser les atouts du Pays et l’engagement de ses acteurs pour faire de la promotion des filières agro-industrielles, le pilier principal de la stratégie économique post-DSCE. Cette promotion devrait alors reposer sur des clusters organisés autour des véritables champions nationaux bénéficiant de l’attention et de l’accompagnement nécessaires.

 

Il s’agit notamment d’arrimer, aux besoins de leurs développements, les politiques sectorielles de Recherche – Développement, de développement des infrastructures, d’accès aux intrants, de régulation des échanges commerciaux (interne et échanges internationaux), de fiscalité, de financements, de formation professionnelle et de développement de l’infrastructure qualité.

 

Parmi ces politiques sectorielles, des réformes rapides sont indispensables pour davantage sécuriser les droits, améliorer et simplifier les procédures d’accès au foncier. En la matière, le GICAM souhaite notamment que le Gouvernement définisse et vulgarise les modalités et critères d’accès aux réserves foncières déjà constituées à l’initiative du MINDCAF.

 

Ouvrant le bal des interventions des membres du Gouvernement, Monsieur Gabriel MBAIROBE, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, a entretenu l’assistance sur les défis de l’agriculture au Cameroun. Ceux-ci se déclinent d’abord en termes d’accroissement des productions, tant des cultures de rente que des cultures vivrières, mais aussi en termes d’amélioration de la sécurité alimentaire, de meilleur approvisionnement des industries en matières premières, de création d’emplois et de conquête de parts de marchés à l’international.

 

Pour lever les nombreuses contraintes parmi lesquelles figurent en bonne place les problématiques du foncier et du financement, de nombreuses réformes ont été entreprises au cours des dernières années. Le Ministre a évoqué, entre autres, la réhabilitation des fermes semencières, la promotion de la mécanisation, la réforme des projets et programmes pour les adapter aux développements des filières et la mise en place d’un fond de refinancement.

 

Se présentant en véritable VRP du secteur, il a présenté les opportunités pour les investisseurs privés, notamment dans la culture du riz, du maïs, de la Banane dessert, du manioc, de l’huile de palme, du plantain et de l’anacarde. La transformation locale de cacao, la fabrication des outils et engins mécanique et la production d’engrais

 

Dr. TAÏGA, Ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales a poursuivi dans la même lancée. Le Cameroun possède, selon lui, tous les atouts pour être une terre d'élevage (grande diversité agroécologique, ressources en eaux très importantes, réseau hydrographique très dense, façade maritime plus de 360 km. L’ambition désormais retenue par le pays est alors de produire suffisamment de viande (bovin, Caprin-ovin ; poulets chair, porcs), de lait (bovin-lait), d’œufs (pondeuses) et de poissons (Pêche et aquaculture) pour satisfaire les besoins nutritionnels des populations, les besoins en matière des agro-industries et dégager des excédents pour l'exportation.

 

S’appuyant sur des illustrations fortes, le Ministre a invité les opérateurs du secteur privé à investir dans ces différentes filières, qui, en outre, présentent l’avantage d’être moins exigeantes en ressources foncières. Les réalisations récentes du Gouvernement en termes d’infrastructures (un abattoir à Ngaoundéré, des entrepôts de 3000 à 14000 m3 à kribi, Yaoundé, Ebolowa et Ngaoundéré) ainsi que des programmes d’accompagnement tels que le PRODEL sont autant de leviers sur lesquels les investisseurs pourront s’appuyer.

 

Le bal des interventions des membres du Gouvernement a été clôturé par Monsieur Henri EYEBE AYISSI, Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières. Après avoir évoqué les considérations d’ordre général sur le foncier et l’économie, il a présenté les dispositifs et les incitations spécifiques consacres par la législation foncière et domaniale pour la promotion des activités agropastorales, les leviers de modernisation de la gouvernance foncière et enfin, les perspectives sur le chemin de l’émergence de notre économie.

 

L’orateur a ainsi décliné l’ambition de son Département Ministériel qui est de moderniser la gestion domaniale, cadastrale et foncière en vue de promouvoir la mise en place des projets de développement dans les secteurs prioritaires et de faciliter l’accomplissement des procédures, à l’effet notamment d’en réduire les délais et les coûts. De manière opérationnelle, il s’agit, conformément à la réglementation et en fonction des différents statuts des terrains, de les attribuer aux investisseurs, en concession ou à bail, en ce qui concerne les terrains du domaine national, de gré-à-gré, par adjudication et à bail, pour ce qui est des dépendances du domaine privé de l’Etat, et via des autorisations d’occupation s’agissant des terrains du domaine public.

 

Pour tirer pleinement profit des incitations et facilitations impulsées dans le secteur, il a appelé les chefs d’entreprises de s’approprier les dispositifs légaux relatifs aux modalités d’accès à la terre et notamment les dispositions de la Circulaire n°001/CAB/PM du 1er avril 2014 relative aux dispositions applicables aux investisseurs pour l’accès à la terre au Cameroun et celles de la  Circulaire n°005/PM du 13 juin 2012 relative aux clauses générales applicables aux investisseurs étrangers.

 

Ces incitations concernent notamment la fiscalité incitative avec des barèmes dégressifs, la création des Services Régionaux des Affaires Juridiques, l’éclatement des Conservations foncières en trois dans les deux grandes métropoles Yaoundé et Douala, la création des Guichets Uniques de facilitation des transactions foncières et domaniales pour les entreprises commerciales.

 

En outre, le MINDACF a déjà réalisé des avancées considérables dans la constitution des réserves foncières, l’implantation du réseau géodésique national, la confection de la cartographie nationale numérique à grande échelle et l’’informatisation et la numérisation des services cadastraux, fonciers et domaniaux. En perspective, il entend poursuivre les réformes juridique, institutionnelle et infrastructurelle en synergie d’action « public-privé » indispensable pour une gouvernance foncière apte à soutenir la promotion des filières végétales et animales.

 

Les différentes interventions, fortes appréciées, ont laissé place à une séance d’échanges riche et intense avec les autres participants présents. Les observations, propositions, interrogations et préoccupations formulées par ceux-ci ont donné l’occasion aux trois Ministres présents d’apporter des précisions et des éclairages sur :

 

-La disponibilité des terres et notamment des réserves foncières de 940 ha déjà constituées par le MINDCAF ;

-Les coûts de la redevance domaniale ;

-Les réformes pour alléger la pénibilité et améliorer l’attractivité des activités agricoles auprès des jeunes ;

-Les délais de traitements des dossiers ;

-Les modalités de saisine des différentes administrations ;

-Les mesures de sauvegarde décidées pour sécuriser les titres fonciers et limiter les détournements d’objets et autres dérives constatées ;

-Les programmes d’aménagement des pistes rurales et les responsabilités des collectivités locales en la matière ;

-Les dispositifs mis en place pour renforcer la fiabilité des titres fonciers ;

-Les orientations envisagées pour la valorisation du statut de l’entrepreneur agricole ;

-Les perspectives pour la mise en œuvre du régime de co-propriété ;

-Les perspectives de concertations plus élargies, notamment la table ronde de l’agriculture envisagée pour 2020 ;

-Les ressources foncières disponibles qui peuvent être mise à la disposition du GICAM pour le déploiement de son initiative un patron-une plantation ;

-Les stratégies envisagées pour garantir l’accès aux aliments pour la pisciculture ; les autres facteurs que sont l’eau et les alevins étant plus ou moins facilement accessibles ;

-La perspective d’un partenariat public privé pour la mise en place d’une société financière du monde rural ;

-Etc.

 

C’est sur un sentiment général de satisfaction de part et d’autre que cette Journée inédite organisée par le GICAM s’est achevée. Comme résultats, elle a permis aux membres du Gouvernement d’éclairer les participants sur les programmes, les facilités et les dispositions légales relatives aux questions foncières et à la promotion des filières agricoles, pastorales et halieutiques. En retour, ceux-ci ont été davantage informés sur les difficultés, les besoins et les propositions des acteurs du monde agricole et particulièrement les chefs d’entreprises membres du GICAM.

 

Comme l’a indiqué le Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières à la fin des travaux, la coalition public/privé au service du turbo agro-industriel préconisé par le GICAM est désormais lancée !

 

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